Party Girls

Synopsis

Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d'elle. Un jour, il lui propose de l'épouser.

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Critiques

Angélique, marquise des nuits... « Party Girl », qui sort aujourd'hui sur les écrans, repose sur l'histoire vraie d'une femme, Angélique Litzenburger, 64 ans -- 60 dans le film --, qui a passé sa vie dans les bars de la frontière franco-allemande, d'abord comme strip-danseuse puis comme entraîneuse. Cette oeuvre, signée d'un trio de réalisateurs -- parmi lesquels figure Samuel Theis, acteur, entre autres, dans la série télévisée « Un village français », et fils d'Angélique --, a été la sensation du dernier Festival de Cannes où elle était présentée en ouverture de la sélection Un certain regard.

 

Sa principale singularité est d'avoir construit son casting sur le cercle familial. Seule exception à la règle, le comédien professionnel Joseph Bour incarne le mari, éphémère, d'Angélique. C'est bien sur elle que repose le scénario. « Party Girl » -- un titre qui désigne « une femme qui n'a besoin de personne, qui préfère se démerder toute seule », résume l'ex-stripteaseuse -- raconte comment, un beau jour, Angélique finit par céder à la demande en mariage d'un ex-client avant de se rendre compte qu'elle n'est pas faite pour ça.

 

« Moi, je suis un papillon de nuit », nous confiait hier cette fan d'Elizabeth Taylor qui ne s'est pas encore remise d'avoir vu entrer chez elle comme une tornade l'univers du cinéma, dont elle rêvait toute petite. Avec le Festival de Cannes en prime ! « Je vis un conte de fées. »

 

Notre main à couper que ce film, épatant de naturel, proche -- et pour cause ! -- des « vraies gens », va faire un carton sur les écrans. Il symbolise cette nouvelle énergie du cinéma français qui bouscule les codes et ne perd jamais de vue l'amour du public. Soyez de cette « Party », vous ne le regretterez pas une seule seconde.

 

Le Parisien / Par Pierre Vavasseur

 

 

 

Les réalisateurs : Claire Burger, Marie Amachoukeli, Samuel Theis

Au printemps, dans les semaines qui ont mené au Festival de Cannes, Party Girl a fait l'objet d'une compétition frénétique entre Un certain regard, la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique, qui voulaient en faire leur film d'ouverture. Au même moment, se répandait la réputation de singularité d'un premier film réalisé par deux filles et un garçon, ce dernier apparaissant à l'écran dans le rôle du fils de l'interprète principale, Angélique Litzenburger, qui se trouvait être sa mère et partager avec son personnage profession (entraîneuse), origines (lorraines) et livret de famille (quatre enfants qu'elle n'a pas élevés).

 

 

Lorsqu'on la rencontre, Angélique est lasse de sa vie dans un cabaret allemand, à la frontière entre Lorraine et Sarre. Son âge, la soixantaine, pourrait lui conférer le statut de sage dans la communauté d'entraîneuses de tous âges et toutes origines qui travaillent autour d'elle. Mais s'il est une qualité étrangère à Angélique, c'est bien la sagesse. Elle boit trop, est habitée par une inquiétude diffuse, au point d'aller chercher jusque chez lui un habitué qui a disparu du cabaret. Michel (Joseph Bour) est tombé amoureux et veut passer du statut de client à celui de conjoint.

 

UN FILM DE FAMILLE BRUTAL ET DOUX

 

Jusque-là, Party Girl montrait la vie nocturne en rendant tous ses clichés à la vie quotidienne, à l'humanité des êtres qui l'habitent. Les lumières du cabaret, les néons, les rues sombres redevenaient devant la caméra du trio (et de leur chef opérateur, Julien Poupard) des lieux de travail, traversés d'espoirs infimes, de disputes mesquines, de réconciliations en forme de beuveries.

 

Une fois qu'Angélique s'essaie à la normalisation, Party Girl se mue en un film de famille tour à tour brutal et doux, sentimental et froid. Samuel Theis a obtenu non seulement le consentement, mais la collaboration active de sa fratrie, pour mettre en scène un personnage de mère qui voudrait enfin devenir digne.

 

 

Les parcours de chacun des enfants ne sont qu'esquissés, à l'exception de celui de la benjamine, Cynthia (Cynthia Theis), qui a été placée dans une famille d'accueil à Metz et avec qui sa mère n'a eu aucun contact pendant des années. Angélique fait le voyage de Metz pour convaincre la jeune fille d'assister à son mariage, et ce fil narratif s'épanouit au moment de la cérémonie, lorsque Cynthia prononce quelques mots qui tireraient des larmes à une pierre.

 

ACCENT DE LA VIE QUOTIDIENNE

 

En même temps qu'elle s'emploie à reconstituer une famille qui n'a jamais existé, l'héroïne rend la vie impossible à son prétendant. Michel est gentil (et, comme le dit l'une des collègues d'Angélique : « Je n'aimerais pas qu'on dise de moi : “Elle est gentille” ») face à une femme à qui l'empathie ne vient pas naturellement. Comme tous les autres personnages, il se tient au langage et à l'accent de la vie quotidienne (c'est une autre singularité de Party Girl, qui n'estompe pas les intonations traînantes de l'accent lorrain, dans un cinéma français qui en général n'a d'autre souci que de gommer les particularités du langage), pour élaborer une figure nuancée, ballottée entre l'espoir de sortir de la solitude et les revirements imprévisibles d'Angélique.

 

 

Au bout du compte, il n'y a qu'elle qui importe. La convention de départ, rendue publique par les metteurs en scène (à l'exception de Michel, tous ces personnages occupent dans l'univers du film la place qui est la leur dans la réalité), le style souvent documentaire de la prise de vues (qui peut s'épurer lorsque le récit l'exige), ne doivent pas dissimuler le statut de personnage de l'entraîneuse. Son modèle lui prête son regard opaque, sa capacité à passer d'un âge à l'autre en un instant (directement de l'enfance aux portes de la vieillesse – en général, elle ne s'arrête pas à la case « adulte »). Le scénario et la mise en scène font d'elle l'enjeu d'une lutte vieille comme la vie en société, entre le compromis et la liberté, la responsabilité et le désir. Cette gravité affleure par moments, sous la chronique d'une de ces vies qu'on ne voit jamais à l'écran.

 

LE MONDE / Par Thomas Sotinel

 

 

 

 

 

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