Le procès de Viviane Amsalem

Synopsis

Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n'est elle-même possible qu'avec le plein consentement du mari. Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d'une procédure où le tragique le dispute à l'absurde, où l'on juge de tout, sauf de la requête initiale.

Dossier de Presse

Dossier de presse
Un livret beau et complet avec des entretiens avec les réalisateurs et des excellentes photos.
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Critiques

Le point de vue de Critikat ou "Le procès à Viviane Amsalem"

"Une femme en colère" par Fabien Reyre

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/le-proces-de-viviane-amsalem.html

 

« Nous ne vieillirons pas ensemble », pourrait dire Viviane Amsalem (Ronit Elkabetz), le personnage-titre de ce troisième film de la fratrie Elkabetz (après Prendre femme et Les Sept Jours). Quand le film commence, cela fait déjà des semaines que cette coiffeuse israélienne tente d’obtenir le divorce. Mais son mari (Simon Abkarian) refuse de la laisser partir, et les lois du mariage en Israël sont très strictes : seul les rabbins peuvent prononcer la dissolution d’une union, et ce avec le plein consentement de l’époux. Commence alors un long, très long processus de séparation qui va pousser chacun à bout, des principaux intéressés à leur entourage en passant par l’avocat de la plaignante et même les rabbins… Mais Viviane ne faiblit pas, malgré l’épuisement, l’humiliation et la froide et inexplicable détermination de son époux.

 

Bonheur conjugal

 

Difficile de ne pas penser au fameux Une séparation de l’Iranien Asghar Farhadi devant Le Procès de Viviane Amsalem, mais l’austérité formelle du film de Shlomi et Ronit Elkabetz se démarque très radicalement du thriller familial de Farhadi. Dès la première image, le ton est donné : l’histoire de ce couple qui se déchire ne sera pas une partie de plaisir, et rien ne peut éloigner le duo de réalisateurs de leur volonté d’ausculter au plus près les failles de leurs personnages, pris au piège d’une anonyme salle de tribunal. L’un comme l’autre semblent être faits de marbre : immobiles, impassibles, ils ne dévient pas de leurs convictions et de leurs certitudes. Il assure être un mari aimant, fidèle et doux, et prône une réconciliation pour renouer avec le bonheur conjugal et familial ; elle soutient que son amour pour lui est mort, qu’ils sont incompatibles et qu’il est temps de mettre un terme à leurs souffrances respectives, afin de réapprendre à vivre. Le film s’ouvre sur deux longs plans fixes, serrés tour à tour sur Elisha, le mari, et Viviane : autour d’eux, des murs blancs, l’avocat de Viviane et le jury. Pendant presque deux heures, rien n’éloignera les protagonistes de ce décor dans lequel se retrouveront les différentes parties au fil des longs mois que durera le procès. Les Elkabetz filment ce divorce comme un marathon, une guerre des nerfs qui voit s’affronter deux conceptions, l’une ultra-traditionnaliste et ubuesque, l’autre moderne et pragmatique. Autour d’eux interviennent de nombreux témoins venant donner leur point de vue sur ce mariage, et sur ce que doit être l’union entre deux êtres au regard des règles dictées par la religion. Le mariage, ici, est l’affaire de tous, et tout le monde a son mot à dire sur le bon comportement de l’un et les erreurs de l’autre.

 

Du domaine des murmures

 

Le film s’appelle Le Procès de Viviane Amsalem, car c’est bien du sien qu’il s’agit : c’est elle la pécheresse au vu de nombre de témoins, celle qui veut détruire son couple. Les deux cinéastes montrent très subtilement l’insidieuse hypocrisie qui condamne de fait le choix d’une femme dans une société cadenassée par des règles hors d’âge : pour vivre libre, elle doit se justifier. Son combat est exemplaire, et d’autant plus bouleversant que les Elkabetz parviennent, en contrechamp, à construire le personnage de son époux à rebours des caricatures que l’on pouvait redouter : son quasi-mutisme regorge d’arrogance, de fierté mal placée, mais également d’une incompréhension remplie de douleur face à la décision irrévocable de celle qu’il aime visiblement toujours. Lui aussi est victime de son environnement, sans en avoir jamais conscience.

 

L’ensemble pourrait être étouffant, mais le film regorge de scènes très drôles, d’un comique absurde, qui offrent des moments de respiration bienvenus. Souvent, pourtant, le film se répète, souffre de son procédé théâtral et perd de sa force : pendant près de deux heures, le montage bute à plusieurs reprises sur les quatre murs de la toute petite pièce dans laquelle se déroule l’action, et la lassitude gagne. Shlomi et Ronit Elkabetz auraient gagné à être plus concis et à contourner les rebondissements scénaristiques superflus qui émaillent de temps à autre le procès : le film effleure parfois les grosses ficelles du film de Farhadi... Il faut une scène spectaculaire et déchirante, dans laquelle Viviane Amsalem lâche enfin prise, pour que le film se sorte de la torpeur de sa dernière demi-heure. Mais grâce aux comédiens, Le Procès de Viviane Amsalem transcende sa matière quasi théâtrale et touche par sa capacité à rendre palpable la détresse des personnages. En tête, Ronit Elkabetz est magistrale : digne, abîmée mais battante, elle fait de sa Viviane une véritable héroïne de tragédie.

 

Rencontre avec le Nouvel Observateur à Cannes

"Le procès de Viviane Amsalem, divorce à l'israélienne" par Sophie Grassin

http://cinema.nouvelobs.com/articles/31371-rencontre-le-proces-de-viviane-amsalem-divorce-a-lisraelienne?page=1



Sur une plage cannoise écrasée de soleil et saturée de réalisateurs (Mathieu Amalric, échevelé, passe en arrière-plan), Shlomi, frêle silhouette sanglée dans un costard noir, se charge de l’analyse. Ronit, majestueuse diva au teint pâle, laisse parler son caractère volcanique. A première vue, les Elkabetz, qui présentent leur dernier film à la Quinzaine des Réalisateurs, ne se ressemblent pas : "Issus d’une famille juive marocaine, nous avons choisi, en travaillant ensemble, de naître une seconde fois comme frère et sœur, explique celle que l’on définit en général comme la Magnani, la Falconetti ou la Callas israélienne. Shlomi m’a un jour appelée pour me faire part d’une idée de scénario. Je vivais en Israël, lui à New York. Depuis, il apporte la terre, moi le ciel. Sur un plateau, nous avons à peine besoin de commencer une phrase, il nous suffit d’un regard pour qu’une décharge d’adrénaline circule dans nos veines."

 

Ce tandem fusionnel bouscule les lignes d’une société archaïque et sexiste, phagocytée par les interdits religieux. "Prendre femme", leur premier long-métrage (2004), retraçait l’usure conjugale vécue par leurs parents et opposait, dans un appartement de Tel-Aviv, l’emphatique Viviane (Ronit Elkabetz), désireuse de quitter son mari Eliahou (Simon Abkarian), à un patriarcat qui l’exhortait à rentrer dans le rang. "Les Sept Jours" (2007), second huis clos tout aussi viscéral sur fond de guerre du Golfe, confrontait la même Viviane à sa famille, cadenassée dans un salon pendant une période de deuil propice à une batterie de règlements de comptes. "Le Procès de Viviane Amsalem", dernier chapitre de la trilogie, la soumet à la guerre de tranchées qu’elle va livrer à Elisha pendant trois ans, entre les quatre murs d’un tribunal rabbinique orthodoxe : en Israël, seule cette institution est habilitée à autoriser les divorces. "Viviane face à elle-même, Viviane face à son clan, Viviane face à la loi, décrypte Shlomi Elkabetz. Nous envisagions, dès le départ, de passer de l’intime à l’extime. Autrement dit, de la sphère privée à l’Etat."

 

Ne juger personne

 

Un procès inique, dont un trio de rabbins juché sur une estrade – spectateurs partiaux acquis à la cause masculine – ne cesse de repousser l’échéance sous des prétextes aberrants. Il devrait faire du bruit en Israël, où la cour en charge des divorces reste un lieu invisible et fermé. "Nous avons voulu en ouvrir les portes et l’exposer aux yeux du monde, souligne Shlomi Elkabetz. Depuis des millénaires, des milliers de femmes attendent une heure, un jour, un mois, dix ans, vingt ans, qu’on les libère enfin des liens du mariage. Les rabbins, eux, gagnent du temps pour éviter la catastrophe nuisible que représente l’éclatement d’un foyer dans cette société sclérosée. Le pays soi-disant le plus démocratique du Moyen-Orient se révèle donc en réalité parfaitement identique aux autres. Personne n’ose évoquer le sujet et le système a intérêt à maintenir ce fonctionnement caché. Pourquoi, dans cet Etat, n’existe-t-il pas de séparation entre les lois civiles et religieuses ? Parce qu’en Israël, la définition du citoyen s’opère d’abord sur des critères religieux et nationaux. Vous êtes Israélien et juif, parfait. Vos parents ou vos grands-parents ont subi l’Holocauste, encore mieux. Juif arabe, j’ai souvent constaté qu’on considérait mon statut comme inférieur. Quant aux Palestiniens ou aux femmes…"

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