L'ange blessé

de Emir Baigazin

Synopsis

Il était une fois dans un village au Kazakhstan...Lorsque son père sort de prison, le jeune Jaras n'a d'autre choix que de travailler pour nourrir sa famille.Poussin a une très belle voix, il s'entraîne pour passer un concours de chant. Mais les caïds de l'école vont en décider autrement.Crapaud explore les ruines de son village à la recherche de métaux à revendre. Sur son chemin, il fait la rencontre de trois fous qui lui parlent d'un trésor caché.Aslan est un élève promis à de brillantes études. Lorsque sa petite amie tombe enceinte, il doit trouver une solution coûte que coûte.Quatre destins, quatre adolescents qui devront brûler leurs ailes pour se trouver une place dans le monde.

Dossier de presse

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Rencontre avec le réalisateur

Secrets de tournage

Une trilogie

L'Ange Blessé est le second volet d'une trilogie où l'adolescence est abordée comme le prisme privilégié à travers lequel Emir Baigazin traite des conflits intérieurs des hommes. 

"L’intériorité d'un jeune de 13 ans agit comme un verre grossissant. Chacun des personnages de L'Ange Blessé pourrait reprendre à son compte cette phrase tirée de Sa majesté des mouches de William Golding : « Puisque nous savons que personne ne viendra nous chercher et que nous allons devoir vivre ici pour toujours, alors nous ne pouvons plus nous comporter comme des enfants ». L’Ange Blessé est un film sur la perte de l’innocence. Quelque chose s’est brisé dans la conscience de ces adolescents ; un nouveau système de valeurs apparaît."

 

A l'origine un tableau

Avant d'être un film, L'Ange Blessé est d'abord une peinture de Hugo Simberg. Emir Baigazin raconte que c'est au moment où il traversait une période difficile qu'il est tombé sur des reproductions des oeuvres de Hugo Simberg. Parmi elles, le tableau L'Ange blessé représentait pour le réalisateur la quintessence de ce qu'il essayait de développer avec ces quatre histoires de son film. Il confie : 

"Pour le dire autrement, chacun de mes personnages pourrait être cet ange que portent les autres enfants dans le tableau. Par ailleurs, j’ai finalement utilisé La Guirlande de vie, la fresque de Simberg qui se trouve dans la cathédrale de Tampere en Finlande. Elle représente 13 garçons comme autant d'apôtres qui transportent un arbre de vie. C’est ce que vous pouvez voir à la fin de chaque partie, lorsque le titre du chapitre apparait."

 

4 parties

Emir Baigazin a choisi cette structure en quatre parties distinctes parce que mélanger les histoires et les personnages aurait été pour lui une solution de facilité. Le cinéaste développe : "J’ai préféré construire l’unité du récit de façon plus souterraine, en développant davantage les rapports entre les émotions. Je ne voulais pas que le film se résume à une histoire linéaire, mais que l'idée se développe dans un mouvement, en allant d’une histoire à l'autre. La dernière des quatre histoires doit agir comme un verdict ou comme une solution à celles qui la précèdent."

 

 

Cadre spatio-temporel

Emir Baigazin a voulu ancrer ces quatre histoires dans les années 1990 qui ont été marquées par une crise profonde pour le Kazakhstan : l’électricité était coupée régulièrement, les orphelinats étaient surpeuplés, à l’heure du couvre-feu la rue devenait un petit théâtre de criminalité, etc. Un cadre spatio-temporel idéal pour dépeindre ces personnages réalisant qu’ils ont fait les mauvais choix.

 

Il y a 3 ans...

Emir Baigazin avait déjà imaginé les quatre histoires de L'Ange Blessé pendant le montage de Leçons d'Harmonie, son premier long métrage qui avait remporté l’Ours d’Argent de la Meilleure Contribution Artistique au festival de Berlin 2013.

Critique

Rien de drôle dans ce film à sketchs venu du Kazakhstan. Emir Baigazin y suit la trajectoire de quatre ados, autant de cousins du collégien vengeur de Leçons d'harmonie(2013), son premier long métrage remarqué. C'est une variation sur le déterminisme et sur la manière dont le mal s'insinue chez des innocents. Le cinéaste, féru de physique, de chimie et de biologie, les observe comme pour une expérience scientifique. Chacun habite une maison misérable aux murs blancs. Dehors, l'horizon semble bouché par la steppe, infiniment desséchée.

L'Ange blessé se déroule dans le Kazakhstan des années 1990, à l'époque des restrictions d'électricité imposées par le gouvernement. Belle idée : symboliser le basculement du quatuor dans la folie par une coupure de courant. Quelqu'un (ou quelque chose) semble déclencher un interrupteur dans leur tête, et les voilà plongés dans les ténèbres. Ils disjonctent, passent du côté obscur. Ces créatures monstrueuses, Emir Baigazin les suit en plans-séquences dépouillés, d'une grande beauté. Et quand il emprunte au cinéma de genre, il gagne encore en intensité. Le troisième mouvement, postapocalyptique, a des accents tarkovskiens : un adolescent cupide erre dans les usines désaffectées, avec l'ambition démesurée de trier la ferraille. Le quatrième est un asphyxiant film d'horreur, avec un jeune homme apathique qui prépare un examen de médecine jusqu'au burn-out. La névrose qu'il développe ensuite vis-à-vis de l'eau résume parfaitement cette oeuvre marmoréenne et incandescente. —

Les Inrockuptibles de Nicolas Didier

Inspiration picturale:

Tableau de Hugo Simberg qui a inspiré au réalisateur le titre du film.

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