Je suis mort, mais j'ai des amis

de Guillaume Malandrin, Stéphane Malandrin

Synopsis

Quatre rockers barbus, chevelus - et belges - enterrent le chanteur de leur groupe. Par amitié et pour se prouver que rien ne peut les arrêter, ils décident de partir en tournée à Los Angeles avec ses cendres. La veille du départ, un militaire moustachu se présente comme l'amant de leur ami. Leur voyage prend un tour pour le moins inattendu...

Critiques

Un road-movie belge, déjanté, débridé, délicieux.


Nathalie Zimra - Les Fiches du Cinéma

C’est l’histoire de quatre amis, quatre rockeurs belges à la cinquantaine bien tassée, qui ont leur petit succès et leurs fans dans leur trou paumé. Ils ont bien vécu, tout consommé, les quatre potes, et comptent bien continuer. Mais voici que la veille du départ de leur première “tournée aux Etats-Unis” (plus précisément une série de concerts à Los Angeles), le chanteur du groupe meurt bêtement.


Alors les autres, après avoir volé ses cendres à son salaud de chanteur de variétés de merde de frère (hilarante scène qui prouve, une fois de plus, que l’invention de l’urne funéraire a élargi le champ du représentable sur le territoire du cinéma comique), décident d’aller semer ses restes dans la patrie du rock’n’roll. Quelle plus belle fin ?


Entre Kaurismäki, les frères Coen, Kervern et Delépine


Seulement voilà, les petits problèmes des uns (la peur de l’avion) et l’apparition dans leur vie d’un pilote de chasse moustachu, qui s’avère être le compagnon caché de leur pote, vont un peu perturber leur voyage, qui va prendre des chemins de traverse imprévus.


Je suis mort mais j’ai des amis appartient à un sous-genre du cinéma désormais assez balisé, une sorte de road-movie nord-européen, qu’on pourrait baptiser de “road-movie à la Jupiler” (célèbre bière belge, équivalent de notre 1664). On navigue ici entre les cinémas de Kaurismäki (l’un des cinéastes contemporains qui aura curieusement connu la plus grande descendance), des frères Coen (The Big Lebowski), de Kervern et Delépine (leurs premiers films), de Bouli Lanners (acteur dans le film), et même un peu l’univers des BD de Frank Margerin.


Une énergie et un enthousiasme communicatifs


Et c’est éminemment sympathique, toujours drôle, franc du collier, jamais larmoyant, dégageant une bonne humeur et une sincérité bon enfant. On pense aussi à la comédie à l’italienne, parce que ces bons vieux rockeurs sont tous des bras cassés, mais qu’ils ont toujours la volonté de s’en sortir, de bien faire les choses, de bien se marrer, d’être ouverts sur le monde, curieux de découvrir l’amour et des herbes aromatiques indiennes qu’ils n’avaient jamais encore fumées. Parce qu’ils veulent, après tout, profiter de l’instant présent.


Le film s’essouffle bien un peu dans le dernier quart d’heure, mais les frères Malandrin ont atteint leur but : nous faire rire sans arrière-pensées, sans chercher à nous vendre quoi que ce soit, sinon un peu de joie, de consolation, d’amitié. Sans chichis, sans pincettes, sans vergogne, sans prétention, avec une énergie et un enthousiasme communicatifs. Ajoutons que le film donne aussi l’occasion de revoir le trop rare Serge Riaboukine.


Jean-Baptiste Morain - Les Inrockuptibles - Publié le 17/07/2015

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/je-suis-mort-mais-jai-des-amis/

Une petite salle de concert et du gros rock qui tache. Déflagration sonore, beuglantes râpeuses à s'en péter les amygdales. Les musicos, plus tout jeunes et houblonnés d'importance, roulent leur bosse depuis des années. Des potes à la vie à la mort, à l'aube d'une tournée à Los Angeles, clou de leur carrière. Le chanteur du groupe décède? Ils partent quand même, flanqués de l'amant secret du disparu et d'un ancien de la bande, le trépassé sous le bras. Dans une urne.  

C'est un assortiment de bougons tendance Pieds nickelés qui courent sans fin après leur adolescence, une poignée de sales gosses qui ravaudent leur chagrin et leur amitié à coups d'embrouilles jusque dans le grand Nord canadien.  

Après les noirceurs en eau profonde de Où est la main de l'homme sans tête, les frères Malandrin déroulent un road-movie surréaliste, mélancolique et grisant, bordé d'une tendresse burlesque à la Charlie Chaplin et d'une B.O. atomique. Les frangins français, réfugiés culturels au plat pays, offrent ainsi des rôles en or à Bouli Lanners et Wim Willaert, barbus comme des montreurs d'ours. Des acteurs belges, donc immenses de justesse. En un mot : irrésistibles. 


Sandra Benedetti - L'Express - Publié le 22/07/2015

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/video-je-suis-mort-mais-j-ai-des-amis-un-film-surrealiste-servi-par-une-distribution-irresistible_1700513.html





« Je suis mort mais j’ai des amis » : very belge trip


LE MONDE | 21.07.2015 à 15h18 • Mis à jour le 21.07.2015 à 15h20 |

Par Jacques Mandelbaum


Amateurs de déglingue belge (si c’était une bière, elle serait à base de déconnade, d’anarchie et de grande enfance), ce film vous tend les bras. L’argument n’est pas vraiment neuf, la fable non plus, qui nous présente un road trip Bruxelles-Los Angeles entre vieux copains, avec l’urne funéraire d’un camarade sous le bras. Il n’empêche, on y embarque de bon cœur. Ils sont quatre dans la relativement fine équipe. Soit Yvan et Wim, deux rockers barbus et roteurs ayant dépassé la date de péremption (Bouli Lanners et Wim Willaert, consolidant à coups de gueuze l’alliance Wallons-Flamands) ; Pierre, l’ex-batteur du groupe censément rangé des voitures (Serge Riaboukine) ; et cherchez l’intrus, Danny, un pilote de l’armée de l’air arabe et homosexuel (Lyes Salem).


Mais nous voilà déjà à mettre la charrue avant les bœufs. Voyons plutôt comment on en est arrivé là. Au départ, il y a un groupe de vieux rockers qui chantent à tue-tête dans un rade profond, mangent des frites après et boivent des bières jusqu’à plus soif en rase campagne. Seulement voilà, le chanteur du groupe, beurré comme un coing, tombe dans un trou tandis qu’il cherche à pisser par une nuit noire, et le plan d’après, il passe à la crémation. Du moins son frère Jean-Jacques y procède, en toute intimité, ce qui ne plaît pas aux copains, lesquels le tiennent pour un clone de Florent Pagny. Ils volent aussi sec l’urne funéraire, cassent la gueule au frangin et à sa gueuse de femme, fomentent dans la foulée un plan d’enfer. Il s’agira de respecter les dates de concert contractées par le groupe à Los Angeles, en emmenant avec eux les cendres de leur ami. Une histoire de fidélité à ce qu’on est, en somme.


Le plan est a priori simple, sa mise en œuvre sera plus compliquée. Un dernier verre au domicile du défunt révèle, en effet, l’existence de son ex-compagnon, Danny, dont il n’a soufflé mot au groupe. C’est ici, exactement, que le plan commence à s’effriter. Pour ne rien dire des diverses avanies qui lui font prendre l’eau, ni par quelle logique ethylico-surréaliste ils en arriveront là, contentons-nous de signaler que le film se termine impromptu à Schefferville dans le Nord canadien, parmi les Indiens Innus, autres outsiders notables de notre bonne société de consommation. On aura ainsi suivi jusqu’à la lie l’histoire d’un mort dont le destin peut se comparer à celui de Pete Best, figure que le film ne manque pas de mettre en avant. Surnommé « l’homme le plus malheureux du monde », cet ex-batteur des Beatles devenu boulanger avait été évincé du groupe au moment où celui-ci signait son premier contrat d’enregistrement en 1962, avec le nom de Ringo Starr à la place du sien.


Cette ironie cruelle mâtinée d’humour désastreux est le fait d’une nouvelle fratrie cinématographique, les Français et bien nommés Malandrin. Guillaume a été formé à l’Insas, l’école de cinéma belge, a réalisé quelques films et intégré comme associé l’excellente maison de production La Parti. Stéphane a, quant à lui, étudié la philosophie et écrit des livres pour la jeunesse. Ils se sont réunis en 2009 pour réaliser un premier long-métrage intitulé Où est la main de l’homme sans tête, film noir dont l’énigme anatomique sera laissée sans réponse. Il est à craindre que Je suis mort mais j’ai des amis ne nous renseigne pas davantage sur celles qu’on est rationnellement tenté de poser à son sujet.


 

Un très bel article-reportage sur le tournage du film ... avec des photos!

http://www.cinergie.be/webzine

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