Janis

de Amy Berg

Synopsis

Janis Joplin est l'une des artistes les plus impressionnantes et une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps. Mais elle était bien plus que cela : au-delà de son personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, le documentaire JANIS nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C'est l'histoire d'une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours.

Critiques

Le plus touchant dans le portrait de Janis Joplin que dresse Amy Berg est la sincérité totale de cette dernière envers son art. Pour Janis, monter sur scène c’était faire l’amour. Lorsque le public dansait en transe sur sa musique, elle et lui ne faisait plus qu’un. Un grand documentaire pour une grande dame.

 

L’ambition, ce n’est pas seulement vouloir plus d’argent, plus de gloire, c’est aussi vouloir plus d’amour. Et de l’amour, Janis n’en aura jamais assez. Les millions de fans hurlant son nom n’y changèrent rien, jusqu’à la toute fin de sa vie Janis se sentira seule et exclue. C’est ce regard intime qui intéresse la réalisatrice Amy Berg et si la forme de son film peut sembler académique, son savoir faire indéniable dans le maniement des archives et la conduite des entretiens permet à Janis de prendre en ampleur et dépasser son approche chronologique.

 

Janis, c’est d’abord l’histoire d’une « outcast », une « nerd », une « weirdo », d’une gamine élue « garçon le plus laid de la promo » et qui deviendra l’une des plus grandes rock stars de tous les temps. Mais avoir été si malmenée dans l’adolescence laisse des traces pour toujours et le parcours de Janis prendra sous bien des formes celui d’une douloureuse quête d’affection. Nommé dans son titre original Janis : Little Girl Blue, Amy Berg réussi avec brio à faire la lumière sur ce pan de la personnalité de Janis Joplin, excentrique, délurée, mais surtout fragile comme une petite fille un peu triste. Et si parler de Janis Joplin c’est aussi parler de l’ambiance des Sixties aux États-Unis, le film parvient toujours à recentrer son sujet sur elle et seulement elle. La lecture par Chan Marshall (la chanteuse connu sous le nom de Cat Power) des lettres très intimes de Janis à ses proches (jusqu’ici inédites) permet par exemple d’approcher de façon touchante le personnage et de ponctuellement agrémenter les événements de sa vie par ses impressions de ceux-ci.

La reconnaissance, le succès n’y changent donc rien, Janis restera toute sa vie en marge. Et puis vient la drogue. Les soirées, la musique, Woodstock bien sûr, mais pour Janis, les shoots d’héroïne finissent par ne plus faire partie du fun. Comme l’exprimera avec justesse John Lennon, la récurrence des overdoses parmi les rock star ne vient pas questionner un mode de vie mais la pression que ces célébrités subissent. Alors qu’elle décide d’abandonner le groupe avec lequel elle eu tant de succès, Janis s’écroule sous la pression de l’enjeu et termine sa course à pleine vitesse avant même d’avoir sorti Pearl, son chef d’œuvre. 

 

Le plus touchant dans le portrait que fait Amy Berg de Janis Joplin est la sincérité totale de cette dernière envers son art. Janis est une boule d’énergie pure mais à bien y regarder, cette énergie semble parfaitement contrôlée, ce chant parfois hurlé, ces variations vocales hasardeuses, semblent en fait totalement maîtrisées. Même défoncée au dernier degré à Woodstock, Janis déblatère quelques mots hésitants et laisse présager le pire mais dès les premières notes, sa voix prend le dessus sur la faiblesse de son corps et vient fendre l’air pour un set de légende. Pour Janis, monter sur scène c’est faire l’amour. Lorsque le public danse sur sa musique, elle et lui ne font plus qu’un. Mais cette honnêteté émotionnelle que Janis Joplin apportait sur scène semble avoir un prix. De pouvoir être aussi sincère devant tant de personnes, de pouvoir exprimer un tel amour sans frontières, Janis le paiera par une solitude sinistre. Car comme après chaque shoot d’héroïne, il y a la descente, il en va de même après chaque concert où la communion laisse place aux pensées noires de l’isolement soudain. La scène était et restera le seul espace ou Janis Joplin se sentait bien, protégée, heureuse et c’est sur scène qu’on se souviendra d’elle.

La vie de Janis et sa gloire spectaculaire inspira une oeuvre majeure du cinéma américain, The Rose, incarnée par Bette Midler. Un complément de fiction essentiel, à ce grand documentaire.

 

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Deux ans après sa mort précoce, en 1970, à l'âge de 27 ans, Janis Joplin inspirait déjà un scénario, qui devint The Rose (1979) — mais l'actrice Bette Mid­ler obtint que soit supprimée toute référence au sujet d'origine. Alors que les projets de biopic (dont un avec Amy Adams) ont l'air de patiner, le Janis d'Amy Berg tombe à pic.

Sérieux, complet, documenté, ce film remonte avec une acuité particulière à la jeunesse de la chanteuse à Port Arthur, petite ville du Texas. Dès l'adolescence, Janis fut mise en marge, à la fois par sa personnalité singulière et par les humiliations qu'elle eut à subir de ses congénères. C'est alors que la musique devient son exutoire — le folk, puis surtout le blues de Big Mama Thornton — et l'alcool, son refuge. Débordante de talent et de volonté, la provinciale ingrate devient princesse hippie à San Francisco. Mais la mue ne se fait pas du jour au lendemain, comme l'attestent les échanges de lettres avec sa famille. Les témoignages sans fard de nombreux musiciens, notamment ceux de son premier groupe, Big Brother and the Holding Company, permettent de mieux cerner la complexité du personnage : fragile et despotique, pleine d'énergie et manquant de confiance... La conduite de sa carrière semble une suite d'impulsions plutôt que le fruit d'un calcul, et son rapport aux drogues, tour à tour festif et pathologique, est l'indice parmi d'autres d'une nature double et tourmentée. Depuis sa révélation époustouflante au festival de Monterey jusqu'au chaos des dernières tournées, les images de concert sont le reflet criant d'un itinéraire tout sauf tranquille.

Amy Berg, découverte en 2006 avec Délivrez-nous du mal (un documentaire sur les abus sexuels dans l'Église), suggère clairement un arrière-plan féministe à l'histoire de Janis Joplin. Mais elle ne perd jamais de vue que son film est avant tout le récit, tragique mais joyeux aussi, d'une vie sans pareille.

 

Télérama / par François Gorin

 

Entretien avec la réalisatrice

Ecran Noir : Une des premières question du film à Janis Joplin est ‘pourquoi est-ce que tu chantes’, de la même façon pourquoi ce documentaire à propos de Janis Joplin ?

Amy Berg : En fait, je voulais faire ce documentaire depuis longtemps, depuis 8 ans environ. Je pense que Janis Joplin est l’une des femmes les plus inspirantes de notre temps. Je me sens profondément connectée à sa musique, elle chante d’une façon très particulière qui semble unique. J’ai toujours pensé que l’histoire de sa vie et des ses luttes serait un film très intéressant à faire au regard de la Femme d’aujourd’hui. Il y a aussi cette sorte de mythologie du ’club des 27’ avec ces musiciens morts à 27 ans comme Jim Morrison, Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Amy Winehouse… Je crois qu'il y a un héritage différent selon les chanteurs ou chanteuses. On se souvient de ces chanteurs davantage pour leur talents de musiciens, pour leur groupe, pour ce qu’ils ont apporté de nouveaux ou de différents à la musique. Pour ces chanteuses je crois qu’on a d'abord en tête la cause de leur mort par overdose dans une chambre. Une autre raison de faire ce film était justement de ne pas relier Janis Joplin à l’usage de drogue. Janis a eu des expériences très fortes avec le fait d’être sur scène, avec le fait d’être célèbre et d’avoir des fans. Janis a eu beaucoup d’expériences heureuses dans sa vie autant en amour qu'en musique, et il faut que ça soit tout ça dont les gens doivent se souvenir.

 

EN : On découvre les débuts de Janis qui va s’imposer comme la leader de son groupe de musique composé d’hommes…

Amy Berg : Janis a voulu évoluer aussi vite que possible dans l’industrie musicale, qui est un univers dominé par les hommes et qui l’était encore plus durant les années 60. Très vite Janis a su attirer et captiver un public qui venait que pour elle, de fait les autres musiciens se sont retrouvés relégués à un second plan : le groupe disparaissait presque derrière ses performances à elle. Janis chantait avec son cœur de telle manière qu’il n’y ait plus de barrière entre elle et le public, il y avait presque communion. Elle est devenue quasiment la première femme star du rock.

 

EN : Le film semble progresser à la façon de chapitres rythmés par la lecture d’extraits de lettres de Janis Joplin, d’où viennent ces lettres ?

Amy Berg : Janis avaient écrit beaucoup de lettres à sa famille, surtout aux débuts de sa carrière. En préparant ce film j’ai pu voir ces lettres, Janis y raconte beaucoup de choses sur elle-même que personne ne savait. C’était important pour moi de montrer qu’elle avait aussi une personnalité douce et vulnérable en dehors de la scène, alors qu’elle s’impose puissante sur scène. J’ai retenu en particulier de ses lettres le rapport de Janis avec la célébrité. J’ai demandé à la chanteuse Cat Power de lire des extraits de lettres en voix-off, la tonalité de sa voix à elle correspondait la vulnérabilité des écrits de Janis. Les lettres qu’elle a écrites à ses copais Peter puis David ont d’ailleurs une part importante dans le montage. Elle avait rencontré Peter lors de son premier voyage à San Francisco, il était devenu son fournisseur de drogue puis il y a eu leur projet de mariage, mais il n’est jamais venu à la cérémonie. Ce genre d’évènement qui fait un cœur brisé a aussi fait de Janis une chanteuse de blues, sa vie personnelle est liée sa vie de chanteuse. Il y a en particulier l’histoire de ce télégramme de David qu’elle n’a pas reçu et qui je crois aurait pu éviter sa mort prématurée.

 

EN : Pourquoi avoir choisi de réaliser ce film avec la forme d’un documentaire plutôt qu’une fiction façon biopic ?

Amy Berg : La problématique du documentaire est de se baser sur des archives, quelle qu’en soit la qualité ou la quantité, d’ailleurs pour une certaine partie de l’histoire à raconter c’était un challenge car on n’avait pas de représentation visuelle de ces moments. Par exemple la rupture qu’on vient d’évoquer entre Janis et Peter, il n'y a que une seule image de lui que j’utilise d’ailleurs à un deuxième moment. J’ai contacté la fille de ce Peter qui m’a dit qu’elle n’avait pas plus d'images à cause d’un incendie. On doit faire face à ce genre de chose, à un certain manque de ressources pour raconter un moment de l’histoire en y étant tout de même le plus fidèle possible. Quand on fait un biopic il est bien entendu possible de tout recréer avec des décors et des acteurs. La chose impossible avec un biopic c’est de remplacer la vraie Janis par quelqu’un d’autre, une actrice aurait pu l’imiter un peu mais pas sa voix et ça n’aurait pas du tout été la Janis Joplin. Il y a par exemple ce projet de film sur Nina Simone et c’est pareil : il fallait montrer des images de la vraie chanteuse et pas une actrice (ndr : What Happened, Miss Simone? au festival de Berlin 2015, visible sur Netflix). Janis Joplin était une telle nature et une telle voix unique qu’il était impossible pour moi d’envisager une actrice.

 

EN : En quoi la vie de Janis des années 60 est-elle exemplaire pour le spectateur d’aujourd’hui ?

Amy Berg : Il y a eu des comparaisons entre mon film et le documentaire sur Amy Winehouse (ndr : Amy au festival de Cannes 2015, en salles le 8 juillet dernier, favori pour l'Oscar du meilleur documentaire) parce qu’il s’agit de deux femmes chanteuses très populaires et mortes à peu près de la même façon au même âge. C’est très différent pour Amy Winehouse qui a eu un rapport terrible avec la célébrité, elle détestait la façon d’être traquée par les médias, et elle a foiré plein de concerts. Pour Janis Joplin c’est très différent, elle aimait vraiment chanter en concert, la scène c’était communiquer avec ses fans, elle appréciait les choses bénéfiques de la célébrité. Janis c’était une tout autre génération où ce qui était souhaitable pour une femme à cette époque était par exemple de devenir une institutrice, une femme au foyer, fonder une famille, mais pas du tout chanteuse. En fait la célébrité et devenir une star était un moyen de faire accepter ce choix de vie dans la musique. A l’époque de Janis la célébrité était presque une nécessité, comme pour obtenir confirmation de son talent. A notre époque une célébrité surexposée comme Amy c’est plutôt un fardeau. Depuis les années 60 c’est Janis Joplin qui a planté un drapeau dans le monde de la musique pour les femmes. Elle a ouvert la porte pour d’autres chanteuses fortes et indépendantes qui allaient arriver après : Pink, Courtney Love, Linda Perry, Juliette Lewis, Amy Winehouse, Lana Del Rey… Janis Joplin est devenue autant un symbole féministe qu’une légende musicale.

 

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La voix hors du commun de Janis Joplin et son style de vie frénétique, peu habituels pour cette époque, la situent d’emblée dans une sphère alors complètement inconnue. La jeunesse en fait ses délices. Quoi de mieux pour symboliser la révolte de cette époque que d’aduler une chanteuse qui boit, se drogue, jure comme un païen, et revendique une sexualité sans vraiment de limites. Détail à ne pas négliger, au-delà de tout cela, elle est pétrie de talent et son approche musicale et vocale impose un style totalement novateur.

 

Amy Berg, la réalisatrice de ce documentaire a effectué un travail de recherche et de compilation qui a duré près de sept années. Le résultat est plutôt réjouissant et en même temps chargé d’émotion. Il aura, c’est certain, un retentissement particulier pour ceux qui se souviennent avec un peu de regrets, de cette époque où la jeunesse expérimentait une liberté fraîchement acquise et depuis disparue. Mais ce travail s’adresse aussi bien à ceux qui regardent avec mélancolie leur CD de Woodstock, qu’à la génération actuelle, qui découvrira l’histoire d’une artiste, écorchée vive, qu’ils adoreront, même si son incomparable voix s’est tue le 14 octobre 1970.

 

À partir de documents familiaux, d’archives de concerts, de film et de photos, elle reconstruit toute une chronologie, et nous raconte la vie maladroite d’une jeune fille née au Texas et dont les débuts dans la vie n’ont rien d’aisé. Dès l’école, véritable vilain petit canard, Janis subira les attaques cruelles de ses camarades de classe. À défaut d’être belle, elle n’est pas laide, mais a des traits un peu ordinaires et se plaît beaucoup plus avec les garçons, qu’avec les filles, chichiteuses et médisantes.

 

Sa famille, dont un frère et une sœur encore vivants, aura toujours une réelle difficulté à la comprendre. Sans la rejeter, ils gardent vis-à-vis d’elle une attitude distante, causée par ses permanentes frasques, qui les mettent mal à l’aise. Ils la voudraient plus discrète, plus en accord avec les schémas de vie d’une famille texane, traditionnelle et peu suspecte d’ouverture d’esprit. Les lettres qu’elle ne manque jamais de leur écrire commencent invariablement par « chère famille », comme si elle réclamait avec humilité une affection qui aurait dû couler de source. Avant toute chose, Janis veut vivre à fond, elle veut être aimée et cette quête presque pathétique de l’affection des autres, souvent couronnée d’insuccès, est le résumé de sa courte et fulgurante existence.

 

Après quelques balbutiements en musique, elle éclate au grand jour à l’occasion du Pop festival de Monterey l’été 1967. C’est un véritable cataclysme qui s’abat sur le monde du blues et du rock. À partir de cet instant, toutes ses apparitions en public s’inscriront dans la légende, tant par leur intensité que par leur totale extravagance. Elle fonctionne au sein d’un groupe, Big brother and the holding company. Les musiciens, toujours vivants, fourniront des témoignages touchants, racontant, avec humilité, à quel point, ils lui étaient inférieurs musicalement, mais avaient conscience de la contenir dans cette frénésie autodestructrice, qui était, à l’époque, le mode de vie lié au rock and roll. Sex and drug and rock and roll, le titre de Ian Dury, même s’il est plus tardif (1977) est le résumé du mode de pensée de l’époque. Vivre chaque jour comme s’il devait être le dernier.

 

Si vous découvrez Janis Joplin, écoutez sans plus attendre « A piece of my hart » ou « Try (just a little bit harder) », de Chip Taylor, morceaux étrennés avec le nouvel ensemble Kosmic blues band qui est supposé lui permettre de se révéler en tant que soliste. Il vous faudra faire connaissance avec le disque posthume « Pearl », pour atteindre les sommets de créativité dont Janis était capable. Son ultime groupe d’appui, Full tilt boogie band l’accompagne dans des succès comme « Mercedes Benz », le formidable et syncopé « Move over » et le très autobiographique « Cry baby ». Autant de petites merveilles qui imposent le style éraillé et charnel, de celle qui n’aura eu que 27 années de vie pour laisser un message d’amour et de détresse poignant et magnifique.

 

Janis, trop accro à l’héroïne, trouvera une mort solitaire dans la triste chambre du « Landmark motor hôtel » de San Francisco laissant tous ceux qui l’aimaient, et ils étaient nombreux, orphelins de leur Cosmic mama. Deux semaines après Jimmy Hendrix, elle part le rejoindre dans un monde meilleur, où Brian Jones des Rolling Stones les attendait.

 

Le mythe apaisant du club des 27 est créé. Au travers des années, ils seront rejoints par Jim Morisson, Kurt Cobain et plus récemment une formidable chanteuse dont la vie et le destin semblent calqués sur ceux de Janis, la sulfureuse Amy Winehouse. J’aimerais bien être là-haut avec eux pour faire le bœuf avec eux.

 

En attendant, ne manquez pas d’aller tourner les pages émouvantes du livre de cette vie, en forme d’étoile filante, vous n’en sortirez pas indemnes. Quelques jours après sa mort et sa crémation, ses amis se rassemblèrent pour boire ensemble quelques verres et évoquer son souvenir. Janis, avait laissé un chèque de 2500 dollars pour régler l’addition. Elle y avait écrit en forme de testament, « c’est Pearl qui régale », ultime pirouette comique et dérisoire de celle qui ne demandait pas autre chose que d’être aimée.

 

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